La levure et les biocarburants

La levure et les biocarburantsLes biocarburants sont des sources d’énergie produite à partir de plantes cultivées. Imaginés pour répondre aux problèmes environnementaux et économiques que génèrent les énergies fossiles, ils suscitent un intérêt croissant de la part des chercheurs depuis les années soixante-dix. C’est à cette époque que le Brésil a envisagé le développement de nouvelles sources d’énergie durables sur son propre territoire jusqu’à devenir aujourd’hui le premier producteur mondial d’alcool carburant, ex aequo avec les Etats-Unis.
 
A l’heure actuelle, les moteurs classiques de nos voitures fonctionnent avec 90% d’essence pour seulement 10% d’alcool. Il n’est pourtant pas impossible que nos voitures soient exclusivement alimentées par l’alcool dans un avenir proche. Un premier essai concluant avait été tenté dès 1860 !
 
Mais que vient faire la levure dans tout ça ?
Une usine microscopique
Une usine microscopique

La levure est une véritable petite usine capable de transformer les sucres des végétaux en carburant. Explications.

La levure est une véritable petite usine capable de transformer les sucres des végétaux en carburant. La magie opère au cours d’un procédé anaérobie (en l’absence d’air) appelé fermentation. Sous l’action d’enzymes de la levure, les sucres (en particulier le glucose) contenus dans la cellulose ou l’amidon se transforment en éthanol.

 

Les défis de la recherche
Les défis de la recherche

L’application de la levure aux biocarburants franchit aujourd’hui une nouvelle étape avec le projet Futurol. En savoir plus ...

Ce projet a pour ambition de produire à une échelle industrielle de l’éthanol dit de seconde génération. Les biocarburants de première génération s’obtenaient à partir d’éléments naturels à vocation alimentaire, les plantes amylacées (grains, céréales, pommes de terre, manioc, …) et les plantes sucrières (betterave, canne à sucre). Ceux de la seconde génération seront quant à eux obtenus sur la base de ressources plus diversifiées, en allant chercher la cellulose présente dans les fibres végétales qui ne sont pas destinées à l’alimentation humaine, telles que le bois, les parties non alimentaires des plantes (tiges, feuilles, …) ou encore les déchets végétaux.

Le défi actuel de la recherche est double : augmenter la résistance de la levure à l’alcool et parvenir à élargir la capacité d’assimilation de la levure à d’autres types de sucres que le glucose, tel que les pentoses. Ces pentoses sont contenus dans les fibres végétales jusqu’à hauteur de 30% (pour 70% de glucose).

Relever ce défi permettra, dans une optique de développement durable, d’agrémenter le bouquet des sources d’énergies renouvelables disponibles. On pourra proposer une alternative plus importante aux énergies fossiles, notamment dans le secteur des transports et réduire sensiblement les émissions de gaz à effet de serre.